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LE STOP DE PROTECTION
Un
stop de protection est un ordre de Bourse qui permet de sortir de
position quand l’hypothèse de trading est invalidée.
Il permet donc de protéger et de récupérer la plus grande partie de
son capital, si d’aventure la valeur choisie va dans le sens
contraire de celui escompté.
Le niveau de ce stop dépend bien évidemment du rapport B/R que nous
avons vu plus haut, puisque celui-ci détermine le risque que vous
êtes prêt à prendre, mais aussi des conditions techniques qui sont
propres à chaque valeur. Il doit donc être calculé au cas par cas.
D’une façon générale et très schématiquement, ces stops sont
positionnés soit en dessous d’un support si vous êtes à l’achat,
soit au-dessus d’une résistance si vous détenez une position
vendeuse. |
Bien
déterminer ces niveaux de cours stratégiques, contribue à 50 % de la
réussite, et dépend de vos talents d’analyste. Bien les utiliser de
façon raisonnée, apporte les 50 autres pour cent et est conditionné
par vos compétences de gestionnaire. Les deux sont complémentaires,
indispensables et indissociables.
Mais prenons un exemple illustré par le schéma ci-joint. Une action
marque un support sur 50 euros. À 51 euros, vous décidez de
l’acheter, car vous escomptez une progression de 9 % avec un
objectif de 55 euros. Si vous travaillez sur un B/R de 3, votre
perte maximale sera de 3 %. Votre stop de protection pourra être
positionné sur 49.50 euros (à 3 % de votre prix d’achat), ce qui est
correct, car sous le support de 50. Il s’agit d’une opération
raisonnée et pertinente. Si en revanche, vous réagissez avec retard
et vous achetez la valeur à 53 euros, votre stop sera donc calculé à
51.40 (3 % de risque), ce qui n’est pas acceptable, car nettement
au-dessus du support. |
Ce niveau ne
correspond à rien techniquement. Positionner le stop sur 49.50 euros
sous le support, deviendrait acceptable sur le plan de l’analyse
technique, mais reviendrait à une prise de risque de 6.6 %, ce qui
n’est pas acceptable sur le plan de la gestion du risque. En effet,
l’objectif étant toujours de 55 euros, votre B/R s’effondrera
dramatiquement à 0,6. Par ailleurs, en achetant sur 53 euros, votre
potentiel de gain n’est plus de 9 % mais de 4 %. Vous n’achèterez
donc pas cette valeur, dans ces conditions. En revanche, si vous
anticipez une progression de 20 % du cours, cela redeviendrait
envisageable, le B/R repassant à 3. Mais êtes-vous capable de
prédire une telle hausse de façon répétitive ? |
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Nous pouvons tirer de cet exemple, une leçon
encore plus fondamentale qui rejoint la conclusion du chapitre
précédent. En effet, nous voyons qu’à partir d’une même analyse
pertinente, qui était de bien identifier un support et de bien
évaluer un objectif de hausse, seul l’intervenant rigoureux qui
gère son risque de façon optimale, a pu générer une opération à
faible risque qui, répétée sur des centaines de transactions,
lui permettra de préserver et de faire fructifier très longtemps
son capital. Autrement dit, la simple faculté à analyser le
marché sur le plan technique n’est pas suffisante à la réussite,
il faut en plus une application rigoureuse des règles de money
management (protection du capital et prise de bénéfices). Ceci
explique pourquoi, un bon analyste technique aussi brillant
soit-il, ne fera pas forcément fortune sur le marché, car, entre
bien anticiper le sens du mouvement, savoir ce qu’il faut faire
et le faire réellement avec une méthodologie sans faille, il y a
une grande différence. Cette différence, c’est l’expérience et
le temps nécessaire pour l’acquérir, la rigueur, le contrôle des
émotions et la discipline.
L’autre leçon pratique et désarçonnante de simplicité que l’on
peut extraire de ce petit schéma, est que plus la prise de
position est précoce et proche du point d’invalidation de
l’hypothèse technique, plus le rapport bénéfice/risque est
important. |
Plus on tarde à entrer en
position, moins le potentiel de gain est important et plus le
risque de perte augmente, ce qui entraîne une franche minoration
du B/R.
Par conséquent, à la lumière de ce simple petit schéma, il
semble apparaître qu’une prise de position dite « agressive »
n’est pas forcément la plus risquée et la moins profitable,
contrairement à l’opinion communément admise. Nous aurons
l’occasion de revenir très largement sur cette notion et
d’approfondir cette réflexion par l’intermédiaire de nombreux
exemples réels extraits du marché.
Vous voyez ainsi que « l’art » du positionnement des stops,
dépend non seulement des conditions techniques de la valeur,
mais également de votre rapport bénéfice/risque, ces deux
aspects étant absolument indissociables. Nous y reviendrons de
façon plus détaillée dans un prochain chapitre.
Il faut bien comprendre que la mise en place des stops n’est pas
un concept de plus et encore moins une option. Il s’agit d’un
élément fondamental à toute stratégie de placement financier.
Évoluer sur le marché sans se soucier de ses stops, aboutira à
des déconvenues douloureuses. |

J’ajouterai d’ailleurs
ceci, qui pourra sans doute étonner certains, mais c’est ce que
l’expérience m’a montré à mes dépens : il ne faut pas calculer
son stop a posteriori en fonction de son prix d’entrée sur son
trade (opération d’achat/vente), mais concevoir son trade en
fonction de la pertinence du stop que l’on pourra mettre. Ceci
est une autre façon d’illustrer le rapport bénéfice/risque. Il
faut ainsi intégrer d’emblée l’échec dans sa stratégie, dès le
départ, car imaginer intervenir en Bourse, sans jamais être
victime de pertes, est un doux rêve qui se termine toujours en
cauchemar. |
GAIN ET PLACEMENT DES STOPS
Vous comprendrez aisément que plus le stop sera proche de
votre point d’entrée, plus le rapport bénéfice/risque sera
avantageux. Il faut donc trouver un compromis entre la nécessité
de rendre ce rapport optimal sans pour autant trop anticiper le
mouvement. Le stop est, dans ces conditions précises du trading
range, à un niveau assez fixe, puisque déterminé par le niveau
de support/résistance.
Dans cette quête, seuls le travail et l’expérience permettent de
trouver ses marques. Vous comprenez par ailleurs que si vous
achetez au-dessus de la résistance, en prenant le pari que la
hausse se poursuivra, vous prenez aussi le risque d’acheter au
plus haut. |
Vous
pourriez alors prendre une importante et rapide moins-value si
jamais il s’agissait d’une fausse cassure. De même, si vous
vendez à découvert juste en dessous d’un support cassé, ce qui
est l’attitude classique dans l’exploitation baissière des
figures chartistes, vous prenez aussi le risque de vendre quasi
au plus bas, si un retournement brutal haussier se produisait.
C’est pour cette raison, que personnellement, j’ai plutôt
tendance à acheter sur les supports et à vendre sur les
résistances, mon risque étant calculé et limité par les stops,
le gain potentiellement important.
Vous comprendrez sans doute lorsque j’insistais sur l’importance
de savoir si le marché est directionnel ou en trading range.
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C’est effectivement essentiel dans la technique ou plutôt l’art
de placer ses stops. Seule une longue pratique permet d’obtenir
un assez bon jugement, sans pour autant pouvoir considérer à un
moment donné que tout est définitivement acquis. Il en va de la
Bourse, comme des rencontres de tennis ou de football, des
retournements inattendus sont possibles à chaque instant. Rien
n’est jamais acquis sauf une fois que la fin du match est
annoncée ou que les plus-values sont encaissées.
Savoir prendre ses bénéfices à temps, est une qualité tout à
fait essentielle à l’intervenant boursier qui réussit. La
pratique de l’investissement boursier est effectivement une
remise en cause permanente mais aussi passionnante. |
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