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Placement des stops
 

Le placement des stops de protection est l’une des clés majeures de la réussite en Bourse. Non seulement ils vous éviteront la ruine, mais ils vous permettront aussi d’exploiter au maximum les tendances et de mieux contrôler vos émotions. Il s’agit d’un exercice parfois difficile, mais qui, une fois maîtrisé, peut permettre d’accumuler des gains importants. Placer ses stops de façon judicieuse, c’est avant tout comprendre le marché, le sentir respirer et travailler en intelligence avec lui. Le problème n’est pas de mettre un stop à 2 %, 5 % ou 7 % de façon systématique et rigide ! Placer un stop à 7 %, cela veut dire que vous acceptez de perdre 7 % de votre capital, si d’aventure votre hypothèse de travail était invalidée. J’espère dans ce cas, que vous êtes capables de générer régulièrement des opérations gagnantes de plus de 15 % ou 20 % pour rendre votre système rentable, sinon fuyez, la ruine vous attend. Le stop doit être positionné sur le niveau stratégique d’invalidation de votre hypothèse. Il doit être défini essentiellement en fonction des paramètres techniques de la valeur et non pas uniquement en fonction de votre point d’entrée. Il doit bien sûr tenir compte impérativement du rapport bénéfice/risque. 

La méthode est simple mais nécessite, comme toujours en analyse technique, rigueur et discipline mais sans rigidité excessive. L’analyse technique n’est pas une science exacte : c’est une méthode rigoureuse qui se pratique avec art.
LA MISE EN PLACE DES STOPS
Cette méthode s’applique au marché tendanciel et non au trading range, d’où la nécessité pour l’utilisateur, de reconnaître assez vite si nous sommes en tendance ou en trading range, ce qui est loin d’être évident notamment à l’initiation du mouvement. En effet, personne ne peut savoir à l’avance si telle ou telle cassure de support ou de résistance donnera une vraie tendance claire et soutenue. Or le système que j’utilise ici et que je vais tenter de vous expliciter, nécessite un marché directionnel assez fort. Il y a donc également de ce fait, dans cette méthode, un facteur important que certains contestent : la chance. Non pas que la Bourse soit un jeu de chance, loin de là, ce livre en est, je crois, une illustration, mais la chance dont je parle, est l’opportunité d’avoir effectivement, après sa prise de position, une bonne tendance claire qui se dessine. Ce n’est pas toujours le cas. Il y a donc dans la réussite une part de chance indiscutable qui est de trouver le marché dans une phase technique favorable. Mais a contrario, l’opportunité que nous donne le marché n’est pas suffisante, il faut surtout savoir l’exploiter.

Le principe de la méthode est en fait dérivé de la définition des tendances que nous avons vue précédemment : le marché évolue par phases ou vagues, plus ou moins complexes. Après un mouvement assez directionnel fait suite un mouvement de repli, plus ou moins important, consolidation ou correction. Ce reflux du marché, n’entrave pas, dans l’hypothèse d’un marché tendanciel, la poursuite du mouvement initial. C’est donc simplement cela que nous allons mettre à profit pour tenter faire des bénéfices en laissant courir nos gains avec des risques minimes ou en tout cas limités.
Le placement des stops lors d’une tendance avérée
Parlons d’abord, de la tendance avérée en cours de réalisation qui est plus simple à appréhender et nous reviendrons ultérieurement sur l’initiation des positions, qui est le moment le plus délicat à mon sens. En effet, choisir méticuleusement son point d’entrée est d’une importance capitale, car c’est cela qui détermine le rapport bénéfice/risque et, par conséquent, la faisabilité de l’opération. Hors trouver le bon point d’entrée est plus du domaine de "l’art" alors que le point de sortie est du domaine de la discipline, et, si l’on n’est pas discipliné et bien il suffit de laisser faire automatiquement ses stops. En cours de tendance, le marché évolue par phases d’impulsion qui se font dans le sens de la tendance alternant avec des phases de correction, dans le sens contraire du mouvement principal. Une fois que le marché a « respiré », il devrait reprendre son mouvement initial, par une nouvelle période d’impulsion, qui, si la tendance est bien saine, devrait nous amener à un nouvel extrême. Règle importante : c’est la faculté à produire un nouvel extrême suite à une phase de consolidation, qui témoigne de la vitalité de la tendance. Autrement dit, c’est l’aptitude du marché à former un nouveau plus haut (en tendance haussière) ou un nouveau plus bas (en tendance baissière) à chaque phase d’impulsion qui va définir l’existence d’une tendance, haussière ou baissière. De même, les périodes de correction ou de reflux pendant lesquelles le marché se « repose » ne doivent pas, dans l’idéal, remettre en cause les acquis de la tendance. Il ne faudrait pas en conséquence observer de mouvement de reflux au-delà de l’origine de la dernière phase d’impulsion.

Ainsi, nous pouvons énoncer le principe suivant qui est le fondement même de cette méthode de placement des stops.

Dans un marché tendanciel, après une phase de consolidation, l’émergence d’une nouvelle phase d’impulsion sera attendue, dès que le niveau extrême de la précédente phase d’impulsion sera débordé en clôture. À ce moment-là seulement, et pas avant, vous serez autorisé à mettre un stop sur le niveau du point extrême atteint par la dernière phase de correction, extrême dans le sens inverse de la tendance principale.

Ainsi, pour être plus clair, dans un marché haussier, lorsque après une phase de consolidation/correction, le mouvement de hausse se reprend et déborde en clôture le plus haut précédent, vous êtes dans une nouvelle phase d’impulsion et le point le plus bas de la période de correction précédente sert de niveau de support, sous lequel vous mettrez votre stop (ordre de vente ASD, voir page 94). Ce stop ne devra pas être déplacé tant qu’une nouvelle phase d’impulsion (dépassement du dernier plus haut en clôture) ne se sera pas produite. Dans une tendance baissière, les impulsions se font à la baisse et les corrections sont haussières. À l’issue d’une correction haussière, si une nouvelle vague baissière apparaît et déborde en clôture le plus bas de la précédente vague de baisse, vous êtes autorisés à mettre un stop (ordre d’achat ASD), juste au-dessus du plus haut atteint par la vague de correction haussière immédiatement précédente. Et ainsi de suite. Vous comprendrez par conséquent, que dès que votre stop peut enfin être positionné au-dessus de votre prix d’achat (à la hausse) ou en dessous de votre prix de vente (à la baisse), vous ne risquez plus rien, sauf, si vous aviez la mauvaise idée d’aller déplacer votre stop en séance, ce qui arrive en pratique.
Retenez bien ce commandement : « Tu ne déplaceras point tes stops en cours de séance » (dans le cadre de l’utilisation de graphiques quotidiens). Par habitude, je ne place pas le stop juste sur l’extrême mais un peu au-delà, soit un peu plus bas sous un chiffre rond pour le stop vente ou un peu plus haut au-dessus d’un chiffre rond, pour le stop de rachat de short.

Cette méthode s’applique essentiellement en gestion daily sur plusieurs semaines, mais peut être exploitée et optimisée en swing trading avec des courbes intraday. Dans ce cas, les clôtures à considérer sont celles correspondant à l’unité de temps choisie. Par exemple, pour un graphique intraday en 60 minutes, on prendra en compte les clôtures horaires. Cependant, sur des unités de temps trop courtes, elle peut être mise en défaut du fait d’une plus grande volatilité.

Le placement des stops à l’initiation de la tendance
En ce qui concerne l’initiation de la position et le point d’entrée, pour un achat, le stop doit être positionné sous le niveau de support le plus récent. Pour une vente ; il doit l’être au-dessus du niveau de la résistance la plus récente. Les cas de figures sont nombreux et variés, au moins autant que le nombre de figures chartistes que nous allons voir dans ce livre. Bien sûr, l’expérience joue beaucoup et vous comprenez que les chiffres « automatiques » du type 3 % ou 5 % ne peuvent en aucun cas s’adapter de façon standard. Le choix doit se faire au cas par cas. Ce niveau dépend de la configuration technique et bien sûr du gain potentiel escompté dans le cadre plus global du money management. Si le stop initial est trop éloigné de votre point d’entrée, peut-être faudra-t-il revoir votre position. En fait, avec l’expérience et à ses dépens, on apprend que plus le stop est proche de son point d’entrée, mieux cela vaut.
Finalement, on revient sur l’erreur que l’on commet souvent au début, qui est de calculer son stop par rapport à son point d’entrée sans se soucier de la pertinence technique de ce choix. À la longue, on comprend qu’il faut au contraire concevoir une opération que si le stop à positionner permet une prise de risque minimale. Autrement dit, votre stop initial doit dépendre du marché et de la configuration technique de la valeur et non pas uniquement de votre point d’entrée. Si votre stop est trop éloigné, le risque de perte est trop important et le marché finira par avoir raison de votre capital. Il faut donc concevoir le trade en fonction du stop que l’on va pouvoir mettre à moindre risque et non faire l’inverse. Il faut d’abord se préoccuper de son risque de perte et ne pas se laisser aveugler par l’espérance d’un gain mirifique. La règle numéro un en Bourse doit être à mon sens : « en priorité ne pas perdre. » Ainsi, cette question très fréquemment posée – « j’ai acheté ou vendu telle action à tel niveau, où dois-je mettre mon stop ? » – n’est pas la bonne question. Il faut d’abord se poser les questions suivantes avant toute opération : Pourquoi est-ce que je prends cette position et quel risque j’encours ? Où se trouve le point d’invalidation de mon hypothèse si je suis à contresens ? Quel est le gain que j’escompte sur cette position ? Et finalement, est-ce que le risque de perte que je prends est bien contrebalancé par le potentiel de gain ? Et donc, est-ce que mon rapport bénéfice sur risque est suffisamment avantageux pour que je risque mon capital ? Dans le cas contraire, il faut avoir la sagesse de ne pas faire la transaction parce que, sur des dizaines ou centaines d’opérations, le marché finira par l’emporter et aura raison de votre portefeuille. L’aptitude à choisir méticuleusement ses points d’entrée pour un risque minimum et un gain maximal, participe grandement à la réussite, et en tout cas à la longévité sur les marchés.

PLACEMENT DES STOPS EN TENDANCE HAUSSIÈRE
Voyons maintenant en pratique la méthode et reprenons le schéma théorique d’une tendance haussière telle figurée sur le premier schéma.

Les chiffres représentent les niveaux de cours, les lettres, le timing de positionnement. L’important est de bien observer non seulement le niveau de la mise en place des stops mais surtout à quel moment la faire. Admettons que la position à l’achat soit prise quelque part entre (2) et (3), le plus classiquement en (A2) une fois que le plus haut précédent (1) est débordé, ceci correspondant à une cassure de résistance. Dès que ce niveau est débordé, en clôture de la période considérée, le stop est positionné sous le point (2), qui est le plus bas de correction précédent et qui a vocation à servir de support. Ce stop ne sera ensuite déplacé que lorsque le plus haut (3) sera à son tour débordé. À ce moment-là seulement, au moment où l’action cote (B4) (en clôture en cas de graphique quotidien), votre stop initialement en (2) sera remonté en (4). On peut alors remarquer quelque chose d’extraordinaire : votre stop se trouve situé au-dessus de votre prix d’achat, vous ne risquez plus rien (ou presque), si toutefois vous avez la sagesse de passer outre vos émotions et de laisser ce stop en place. Celui-ci ne sera déplacé que lorsque le point (5) sera à son tour débordé, signant la formation d’un plus haut en cours (C6).




L’atteinte du point (C6) autorisera le déplacement du stop sous le plus bas de consolidation précédent. Le stop sera donc positionné en (6) à l’instant C6.

À un moment donné, la tendance va bien sûr finir par s’épuiser, ce qui va se manifester par l’incapacité à former un nouveau plus haut. Dans ce cas précis, la règle va changer. Dès qu’un premier moins haut apparaît, ici au point (9), et qu’une baisse s’amorce, le stop sera immédiatement rapproché au point (8) qui est le dernier support connu. En effet, l’incapacité à former un nouveau plus haut associé au dépassement du dernier plus bas (8) de correction signe habituellement la fin de la tendance haussière. Bien sûr, il y a des exceptions, mais nous travaillons ici en mode prospectif et personne ne peut savoir ce qui va exactement se passer. Peut-être la tendance continuera malgré ce comportement, mais cela ne sera pas le plus souvent le cas. Il n’y a pas d’état d’âme à avoir et la méthode proposée doit s’appliquer avec rigueur. Le rapprochement du stop en fin de mouvement et uniquement dans le cas d’un moins haut, permettra de protéger l’essentiel des gains tout en laissant une chance à la tendance de retrouver un second souffle.

Cette façon de faire n’est qu’un compromis et ne permettra pas ni d’entrer au plus bas, ni de vendre au plus haut. Elle permet cependant de conserver les positions gagnantes assez longtemps pour tirer profit de la plus grande partie d’une tendance avérée.


illustration pratique de la méthode.

Ce graphique infraquotidien en 15 minutes est celui de l’indice CAC 40 regroupant les quarante valeurs les plus significatives du marché français. On peut exploiter indirectement cet indice par l’intermédiaire d’option d’achat ou de vente. L’analyse technique sur les indices « marche » bien parce que le graphique est la résultante d’une multitude de paramètres, d’une multitude d’intervenants échangeant des millions de titres, ce qui permet de mieux filtrer le « bruit » environnant et de mieux amortir les effets d’annonce. On voit rarement un indice prendre 10 % ou 20 % en une séance. L’indice traduit le consensus général, brassant des millions de transactions et rendant plus fiables les signaux techniques dont l’exploitation est gérée par une méthodologie probabiliste. Prenons le cas d’un intervenant achetant des options d’achat, c’est-à-dire qu’il anticipe une hausse du marché. Admettons qu’il se positionne au point (A) après cassure de la petite résistance horizontale juste au-dessus des 3 260 points. Il place alors son stop sous le dernier plus bas au point (B) qui devrait servir de support. Autrement dit, il décidera de liquider ses contrats, dès qu’en clôture de la période, soit 15 minutes, le point (B) sera débordé à la baisse. Le marché monte d’emblée sur cette cassure de résistance au point (1), puis consolide en 2. Le stop reste toujours en (B). Ce n’est que lorsque le point (1) sera débordé en (3) que le stop migrera sous le point (2). De même lorsque (3) et (5) seront débordés, le stop sera remonté respectivement en (4), puis en (6). Il faut attendre que le dernier plus haut soit dépassé lors des reprises haussières pour déplacer le stop. Le stop étant au point (6), l’opérateur ne risque plus rien, puisque sont prix de vente sera automatiquement supérieur à son prix d’achat (A). C’est ce que j’appelle « être en territoire de plus-value obligatoire ». Dès que le point (9) est dépassé, le stop est positionné sous (10) et nous avons déjà une progression de 200 points sur l’indice, ce qui est appréciable.
Regardons ensuite ce qu’il advient après le point (11). Le marché fait une longue consolidation jusqu’au point (12). Puis il reprend sa hausse mais s’essouffle très vite en (13). Il repart ensuite à la baisse sans avoir pu dépasser le point (11) et marquer un nouveau plus haut. Le stop qui était en (10) doit alors être rapidement déplacé sous (12), car si (12) ne tient pas, c’est que la tendance haussière à une forte probabilité de s’arrêter. Et effectivement, le point (12) est rapidement et brutalement débordé avec formation d’un plus bas en (14), puis d’un moins haut en (15). Nous sommes donc passés en tendance baissière. Mais notre investisseur averti a pu profiter de la plus grande partie de la hausse. Certes, il n’a pas vendu au plus haut en (11). Cependant à ce moment-là, nul ne savait qu’il s’agirait du plus haut. En fait, l’opérateur avisé aurait pu observer que le point (11) sur 3 550 points était une zone de résistance sur laquelle le marché avait déjà buté le 15 juillet, juste au début du graphique. Ainsi l’attitude la plus judicieuse aurait été, après cette forte hausse de plus de 300 points d’indice, de prendre ses bénéfices sur le point (11) et d’attendre que la résistance 3 550 soit effectivement cassée pour se repositionner à l’achat. Bien sûr, il est facile de dire cela a posteriori, mais on regrette rarement de prendre ses bénéfices sur une résistance après une belle tendance haussière d’autant qu’il est toujours temps ensuite de revenir sur le titre si celui-ci montre encore quelque velléité à la hausse. Savoir prendre ses bénéfices à temps est aussi un élément très important pour gagner en Bourse. Nous verrons plus tard qu’il y avait une autre façon d’estimer l’objectif de la hausse. En effet, entre les points (5) et (6) se produit un fanion de consolidation (voir page 411). En reportant la distance comprise entre le début du mouvement sur 3 200 et le point (6), à la sortie du fanion, nous atteignons ces fameux 3 550 points sur la résistance !

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